Règlementation · article R110-2

Arrêt et stationnement : ce que dit l'article R110-2

Le Code de la route ne fixe aucune durée pour distinguer l'arrêt du stationnement : seule compte la présence du conducteur et l'opération en cours. De cette définition dépendent la portée des panneaux B6a1 et B6d et le montant de l'amende, de 35 à 135 €.

La règle et sa base légale

L'article R110-2 du Code de la route définit l'arrêt comme l'immobilisation momentanée d'un véhicule sur une route pendant le temps nécessaire pour permettre la montée ou la descente de personnes, le chargement ou le déchargement du véhicule, le conducteur restant aux commandes ou à proximité pour pouvoir, le cas échéant, le déplacer.

Le même article définit le stationnement par défaut : c'est l'immobilisation d'un véhicule sur la route en dehors des circonstances caractérisant l'arrêt. Il n'existe donc ni durée plancher ni durée plafond. Un véhicule immobilisé trente secondes conducteur absent est en stationnement ; un véhicule immobilisé cinq minutes pour décharger, conducteur présent, reste à l'arrêt.

Les trois critères qui font basculer l'arrêt en stationnement

Deux idées reçues à écarter : laisser le moteur tourner ne transforme pas un stationnement en arrêt, et allumer les feux de détresse ne crée aucun droit — détail dans peut-on se garer avec les warnings.

Pourquoi la distinction change tout devant un panneau

Le panneau B6a1, cercle bleu à liseré rouge barré d'une seule oblique, interdit le seul stationnement : l'arrêt y reste licite. Le panneau B6d, barré de deux obliques croisées, interdit l'arrêt et le stationnement, donc toute immobilisation, même conducteur au volant. Voir les fiches stationnement interdit (B6a1) et arrêt interdit (B6d).

Même logique au sol : une ligne jaune continue le long de la bordure interdit l'arrêt et le stationnement, une ligne jaune discontinue n'interdit que le stationnement. Les interdictions permanentes sans panneau, elles, résultent directement des articles R417-9 à R417-12 et figurent dans notre inventaire du stationnement interdit.

Sanctions applicables

Amendes forfaitaires encourues selon la qualification retenue par l'agent.
InfractionArticleAmendePointsFourrière
Arrêt ou stationnement gênantR417-1035 €0Possible
Arrêt ou stationnement très gênantR417-11135 €0Possible
Arrêt ou stationnement dangereuxR417-9135 €3Possible
Stationnement abusif (plus de 7 jours)R417-1235 €0Possible

Notez que R417-9, R417-10 et R417-11 visent expressément « l'arrêt ou le stationnement » : sur un trottoir ou un passage piéton, rester au volant ne protège de rien. Seul R417-12, le stationnement abusif, suppose par nature une immobilisation prolongée. Récapitulatif de tous les montants sur notre page amende de stationnement.

Exceptions et cas particuliers

Ces définitions commandent l'ensemble des règles exposées sur le hub règlementation du stationnement.

Test en une phrase : si vous ne pouvez pas déplacer votre véhicule dans les secondes qui suivent une demande d'un agent, vous êtes en stationnement, pas à l'arrêt. Pour les cas gênants les plus fréquents, voir stationnement gênant.

Questions fréquentes

Combien de temps peut durer un arrêt ?

Aucune durée n'est fixée par le Code de la route. L'arrêt dure le temps de l'opération qui le justifie : montée ou descente de personnes, chargement ou déchargement. Au-delà, ou dès que le conducteur s'éloigne, l'immobilisation devient un stationnement.

Puis-je m'arrêter sous un panneau B6a1 ?

Oui. Le panneau B6a1 barré d'une seule oblique n'interdit que le stationnement : l'arrêt y est permis, à condition de rester aux commandes et de ne pas se trouver sur un emplacement interdit par ailleurs, comme un trottoir ou une piste cyclable.

Les feux de détresse autorisent-ils un arrêt n'importe où ?

Non. Les feux de détresse signalent un danger, ils ne créent aucune dérogation. Un véhicule warnings allumés sur un passage piéton ou une voie de bus reste verbalisable à 135 € au titre de l'article R417-11.